LE CARNAVAL DE VENISE OU LA GRANDE FÊTE VÉNITIENNE

                        Gérard Saccoccini 

mercredi 12 février 2025 18h00 salle du Coulet

Dans l’irréel et prodigieux espace liquide de Venise, où la lumière joue avec les miroitements de la lagune et les mille paillettes irisées des embruns, s’est créé l’univers idéal de la fête onirique de l’inversion du temps dans laquelle perdaient leur sens les distinctions sociales au cœur du carnaval urbain le plus fastueux et le plus élégants.

Fête de la dérision, de l’inversion du temps, de la révolte et de la folie, le carnaval procède d’une organisation rigoureuse dans laquelle toutes les structures d’une société semblent fondues sous le déguisement, l’énigme du masque et les débordements des parades.

 C’est dans les années 1980 que Venise exhume les plaisirs du carnaval, après une interruption d’un peu plus d’un siècle et demi. Sur une place San Marco, devenu pour lors trop exiguë, se réunissent les travestis d’écoles modernes venus du monde entier, afin de reconstituer pour un moment l’espace intemporel, l’atmosphère de rêve de la Venise d’antan, dans une sorte de grand ballet silencieux.

 Les masques y déclinent des significations plus intellectuelles et aristocratiques tout en conservant l’énigme étymologique du mot.

Apparu dans des textes lombards du 7ème siècle, il a d’abord la valeur de « spectre » pour acquérir, au cours du 13ème siècle, la valeur de « faux visage ».Porté sur un corps dissimulé par un manteau de nuit, sa couleur blafarde simule le retour des défunts dans le monde des vivants.

 Mais pour que s’accomplisse le grand cycle immuable qui ramènera la fête vénitienne de l’inversion du temps, la règle du jeu reste la même : ne jamais chercher à percer l’identité de l’inconnu qui dissimule ses traits sous le masque !